LA COLLECTIVITÉ TERRITORIALE DE MARTINIQUE EST INSTALLÉE. ET MAINTENANT, AU TRAVAIL RÉSOLUMENT !

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La.Martinique a tourné la page de la « nouvelle gouvernance » de Serge Letchimy et de son alliance hétéroclite de « Ensemble Pour une Martinique Nouvelle » constituée en grande partie de prébendiers à la recherche de places pour barrer la route au Rassemblement Martiniquais pour le Changement (RMC) mis en place en 2009 pour conquérir l’Autonomie de l’article 74. Pour cela, le président du néo-PPM a mis au placard « l’Autonomie pour la Nation martiniquaise » et a réactivé les peurs de perdre les acquis sociaux pour repousser le 10 janvier 2010 l’Autonomie. Puis, pour conquérir la Région en mars 2010, il s’est lancé dans une démagogie effrénée en promettant de créer  5 000 emplois dans les 2 ans, 30 000 emplois dans les 10 ans dont  9 000 dans le seul secteur du tourisme érigé comme seul « paradis » martiniquais. Par la suite, n’obtenant pas -notamment par ses dits plans de relance- les résultats annoncés imprudemment, il a mis en place une machine à mentir pour travestir la réalité : ce fut la méthode Coué de « la Martinique avance ». La communication a remplacé l’action.

 

 

 Il a même constitué une officine statistique (l’IMSEPP) pour fabriquer des faux chiffres pour abuser le peuple. Il a plombé les finances de l’Institution pour cause, entre autres, de clientélisme politique systématique et pour s’acheter en particulier les faveurs de nombre de maires effrayés par la perspective de la perte de leurs postes en raison de l’effet cumulé de l’érection de la CTM et de la parité.

L’endettement de la Région Martinique aujourd’hui est conséquent et la capacité de rembourser les dettes est « dégradée », nous préviennent des experts extérieurs à la Martinique (Institut Montaigne/Le Monde et revue économique Capital). Il faudra avoir le cœur net rapidement sur l’état des finances de la CTM naissante.

On connaît le résultat  politique : Dlo dépassé  farin’.  Le peuple a éventé la supercherie et  a résisté aux mensonges. Mieux, révolté, il a répudié catégoriquement ces méthodes. Surtout il a refusé qu’un clan en mettant la main sur un pouvoir local renforcé et concentré n’accentue le recul démocratique à l’œuvre ces dernières années.  Au deuxième tour du scrutin le 13 décembre 2015 il s’est mobilisé au-delà des sphères d’influence de la somme des deux listes Marie-Jeanne et Monplaisir ayant fusionné : l’écart avec Letchimy a presque doublé.  Le sieur Fred Lordinot y voit une similitude avec la montée du  Front national en France. Quelle cécité et quelle mauvaise foi  puisée, il est vrai, dans les théories d’un certain Edouard De Lépine, trotskyste notoire, sur le « national-populisme » ! Il n’a pas compris qu’il s’agit d’un accord de gestion de la Collectivité territoriale de Martinique pour la durée d’une mandature, ni plus ni moins. Il s’agit d’un accord de salut public.

Le résultat aussi, c’est que la Martinique a globalement reculé pendant ces 5 ans au plan économique, au plan social avec la hausse continue du chômage même si elle est freinée par la recrudescence de l’émigration des jeunes et le vieillissement accéléré, au plan démographique (en retardant sa prise de conscience de sa perte de substance utilisée in fine comme alibi des échecs économiques), au plan écologique  et surtout au plan moral avec le climat d’affairisme et de violence verbale qui a accompagné la fin du règne du néo-PPM.

Alors il convient d’abord de sauvegarder la société martiniquaise, la rassembler dans l’effort  par la concertation, l’écoute, le dialogue, la démocratie participative et la transparence.

Il faut  aussi agir, avec les moyens réels mais que nous savons  limités de la CTM, contre l’approfondissement des inégalités sociales, l’appauvrissement  de près de 1 à 2 Martiniquais sur cinq, contre la désespérance de notre jeunesse, contre la grande misère de beaucoup de nos séniors, etc. Fruits amers de ces dix dernières années. Les chantiers de l’urgence sont nombreux et  le moindre n’est pas de donner de la respiration aux petites et moyennes entreprises martiniquaises en ayant  comme priorité l’emploi martiniquais !

Face à l’échec de ses fanfaronnades, Serge Letchimy n’a pu que constater ce que le Rassemblement pour le Changement avait diagnostiqué dès 2009 : le modèle issu de 1946 est arrivé au  bout du rouleau.

Oui, il faut changer de modèle économique et réduire la dépendance économique. A cet effet l’ancien maître de Cluny a concocté un Plan d’Action pour le Développement de la Martinique (PADM), véritable conte à dormir debout d’imaginaire.

Aussi pas d’illusion là-dessus, de grâce !

Cette révolution copernicienne indispensable ne pourra être engagée que progressivement et avec beaucoup de courage pour lever les obstacles nombreux de toute nature dont  les intérêts puissants attachés au maintien du statu quo économique et social du système actuel d’import-consommation. Il faudra conquérir ou (re)conquérir le marché intérieur pour créer l’emploi. Tel est le challenge qui se dresse devant nous.

Sans parler du cadre juridique et de la nécessité de négocier avec la France et l’Europe un plan contractualisé sur une période longue, comme l’a rappelé le président  Alfred Marie-Jeanne dans son discours d’investiture le 18 décembre 2015 : « L'évolution du monde nous oblige aussi à gérer nos interdépendances et à affirmer notre relation à la France et à l’Europe à travers une relation plus responsable et plus respectueuse de nos intérêts, de notre positionnement dans notre environnement géographique, la Caraïbe, de notre culture et de notre identité ». Il s’agira d’une lutte résolue qui ne peut être gagnée qu’avec l’appui du peuple martiniquais.

Alors, amis et camarades, au travail pour franchir cette nouvelle étape du cheminement du peuple martiniquais  pour le progrès social, la liberté, la responsabilité et la dignité.

                                                                                Michel BRANCHI

                                               Rédacteur en chef de Justice, économiste

            (version légèrement modifiée édito Justice n° 52 du 24/12/2015)