L'ambitieux TRAM-TRAIN de la Réunion, 41 km, mise en service en 2014

Bouygues et Bombardier prennent le marché.

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Dans la bataille pour décrocher le marché du tram-train, c’est Tram’tiss, le groupement mené par Bouygues et Bombardier qui a mis KO son concurrent Run ram.

Désormais, place au dialogue entre la Région et le groupement pressenti pour ce chantier gigantesque qui doit aboutir à une mise en service en 2014.

41 km de rail pour relier Saint-Marie à Saint-Paul (soit la distance Fort-de-France/Sainte-Anne) 

Maître d'ouvrage : Conseil Régional de la Réunion. 

Coût : 1,6 milliards d'€ dont 985 millions d'€ pour le public (Etat : 435 M€, Région : 350 M€, Europe : 200 M€)

Ballon d'oxygène pour le BTP : 2 500 emplois pour un des plus grands chantiers ferré d'Europe.


C’est fait. À l’issue d’un dialogue compétitif d’un an, la Région a tranché lundi. Parmi les deux groupements en lice pour décrocher le gigantesque chantier du tram-train, d’un côté Run ram mené par Vinci et Alstom, et de l’autre Tram’tiss piloté par Bouygues et Bombardier, la collectivité a choisi le deuxième.

Une chape de plomb, imposée par la procédure du partenariat public privé (PPP), entoure les raisons d’un tel choix. Une foule de paramètres allant du matériel proposé aux engagements financiers ont été examinés à la loupe après le dépôt des offres définitives le 25 juin dernier. Des pavés de plus de 400 000 pages qu’il a fallu éplucher de A à Z !

La Région souligne : “Les deux offres finales sont de très grande qualité”. Et elles ont répondu à l’exigence fixée par la collectivité de ne pas dépasser le montant de 1,6 milliard d’euros.

Dans cette bataille, Bouygues et Bombardier ont su présenter une offre plus alléchante alors que Vinci, Alstom et la Caisse des dépôts et consignations étaient les premiers à s’intéresser au projet. Selon certaines indiscrétions parisiennes, l’outsider a su faire preuve d’une plus grande créativité. Alstom, qui détient la première place mondiale en prise de commandes dans le transport ferroviaire, se serait contenté de décliner sa gamme standard pour le tram-train réunionnais.

En revanche, Bombardier, chef de file mondial dans la fabrication de matériel de transport sur rail, aurait su prendre le pouls de l’île et dessiner des rames avec un design exceptionnel s’intégrant parfaitement dans l’environnement local.

 

Le contrat définitif signé fin 2009

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Un véritable plus à l’heure de trancher entre des poids-lourds internationaux aux reins solides et présentant des CV de choix. Tram’tiss a donc mis KO Run Ram et devient, du coup, le groupement pressenti par la Région pour réaliser et exploiter le tram-train entre Sainte-Marie et Saint-Paul.

La procédure n’est pas pour autant achevée. Désormais, s’ouvre un round de négociations bilatérales entre la collectivité et le groupement. La mise au point du contrat va démarrer dès la fin du mois d’août pour se terminer fin octobre. Tram’tiss devra réitérer son offre avec “des évolutions en mieux, impossibles en moins”, signale Pierre Vergès, vice-président du conseil régional. Pas question donc de revenir sur les acquis de l’offre définitive déposée en juin dernier.

Mais si ce groupement ne peut confirmer son offre (il est invité à mettre au moins 600 millions d’euros)ou si les négociations achoppent, la Région peut se retourner vers le deuxième groupement. In fine, les termes du partenariat seront présentés en assemblée plénière, les élus devront entériner ce PPP. La signature du contrat doit, quant à elle, intervenir avant la fin de l’année. Le document liera la collectivité et le groupement sur la construction et l’exploitation. Cette dernière est prévue sur une période d’environ 35 ans et doit rapporter un loyer de 90 à 100 millions d’euros à l’exploitant.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Il reste encore quelques étapes à franchir avant la réalisation du plus grand projet ferré d’Europe du moment. Les travaux doivent démarrer “en 2010 pour une mise en circulation en 2014 ”sur 40 km de voies. Des rumeurs circulent même sur une inauguration le 20 décembre 2013… Pierre Vergès n’infirme ni confirme et lance : “Ce serait une date hautement symbolique”. Chiche ?

Bruno Graignic

 

* 1 milliard pour le public Dans le projet, dont l’État s’est engagé à garantir l’emprunt (c’est une première), l’État doit investir 435 millions, la Région 350 millions d’euros et l’Europe 200 millions. Ce sont donc 985 millions d’euros que devra débourser le secteur public.

 * 52 000 voyageurs : Le tronçon Sainte-Marie-Saint-Paul du tram-train doit faire 41 km et proposer 26 stations. 52 000 voyageurs par jour sont attendus sur le réseau. Et ce n’est qu’un premier tronçon d’un tram-train bien plus vaste. Le deuxième tronçon poursuivra sa route à l’Ouest. Des études sont par ailleurs lancées pour l’extension sur Saint-Benoît et Saint-Joseph.

 2 500 emplois pour le chantier ? Un groupe de travail rassemblant la DDTE, le Pôle emploi, le Carif-Oref, la Région et la préfecture, ainsi qu’à titre consultatif des organismes de formation et des professionnels du BTP, a mené une étudeprospective. La première phase du tram-train générera, selon les premières estimations, jusqu’à 2 500 emplois pendant les quatre ans de construction. À cela s’ajoutent 300 emplois induits directs ou indirects (hôtellerie, restauration, commerces, services, sécurité, gardiennage…). L’exploitation de la première phase du tram-train nécessitera au moins 260 emplois fixes.

 Une nouvelle enquête publique Une nouvelle enquête publique concernant uniquement le tronçon de la rue Gasparin, invalidée par le tribunal administratif de Saint-Denis, est programmée pour septembre. Et Pierre Vergès souligne : “La falaise sera ainsi entièrement sécurisée, ce qui n’aurait jamais été le cas sans le tram-train”.