SENEGAL : RAPHAEL CONFIANT, "UN GENIE INJUSTEMENT MECONNU DE LA LITTERATURE CONTEMPORAINE"

Karim Wade : Extension du domaine de l'indécence

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Michel Houellebecq, écrivain de seconde zone comparé à un génie injustement méconnu de la littérature contemporaine comme l’antillais Raphael Confiant, vient d’être récompensé par le prestigieux Goncourt. Mais il faut quand même reconnaître à ce scribouillard, à la réputation surfaite, le don de la titraille. Ainsi, c’est à lui que l’on doit le magnifique titre de roman «Extension du domaine de la lutte».


 

 Au Sénégal, au vu des agissements des Wade, père, mère, fils et fille, c’est d’extension du domaine de l’indécence qu’il faut désormais parler. Ainsi, après une minutieuse enquête, qui devrait être enseignée comme modèle au Cesti, nos confrères de Weekend ont soulevé un gros lièvre qui, en réalité, est un secret de polichinelle pour les initiés : l’acquisition par Karim Wade d’un jet privé.

 

 Le prince héritier ne se déplace plus qu’à bord de ce palace volant qui coûterait 6,5 milliards Fcfa. Depuis la parution de cet article, le ministre d’Etat à rallonge et fiston à piston garde le silence et son bataillon de conseillers, si prompts à monter au créneau pour leur patron, se terre, attendant ou espérant, as usual, que l’orage passe. 

 

Pourtant, Karim Wade qui, récemment, à grand renfort de tambour médiatique, donnait des leçons de bonne gouvernance, devrait pouvoir répondre à des questions d’une simplicité biblique: avec quel moyen s’est-il acheté un jet privé, moyen de déplacement habituel des princes arabes régnant sur les monarchies pétrolières du Golfe et des Crésus de la planète ? Si cet avion est un don au Gouvernement du Sénégal, au nom de quoi Karim Wade, devrait être le seul ministre de la République à bénéficier d’aller-retour au quatre coins de la planète facturés à des centaines de millions de Francs Cfa payés rubis sur l’ongle par le trésor public sénégalais ?

 

 Le plus étonnant, après les graves révélations de Weekend magazine, c’est le manque de réaction de l’opposition sénégalaise qui, comme le reste de l’opinion publique, semble avoir perdu sa capacité d’indignation, en rangeant les pantalonnades aériennes de Wade fils au rayon des frasques habituelles de la famille régnante. Bennoo, tout affairé à discutailler du fichier électoral et autres roupies de sansonnet, ne songe pas du tout, de manière incompréhensible, à demander, ne serait-ce qu'à titre symbolique, l’ouverture d’une commission d’enquête après les révélations de Weekend sur la folie des airs de Wade junior. 

 

Un autre écrivain, mais cette fois-ci un vrai, le britannique George Orwell, l’auteur de l’inoubliable 1984, parlait souvent de «Common decency», notion typiquement britannique qu’on pourrait imparfaitement traduire par l’admirable concept de Kersa. Autrement dit, le fait pour un homme vertueux, en toute circonstance, d’avoir de la décence. Il faudrait, en wolof, traduire au plus vite à Karim Wade, dont le père aime rappeler qu’il a fait ses humanités à Londres, «Common decency». 

 

Barka BA