
Matinik – 16 oct. 2026. Lors du Conseil d’administration de Martinique Transport, la décision modificative n°5 (DM n°5) a été adoptée à l’unanimité, moins une voix contre : la mienne.
Cette DM ouvre 4,11 millions d’euros de dépenses supplémentaires, financées notamment par l’inscription de 2,61 millions d’euros correspondant à une créance liée à l’ancienne délégation de service public maritime. Or, cette somme n’a pas été encaissée et fait l’objet d’un contentieux devant le tribunal avec le précédent délégataire.
Pour justifier le vote favorable, il a été affirmé qu’il ne s’agissait que de « l’inscription d’une recette prévisionnelle ». C’est précisément ce qui est grave ! Car, une créance revendiquée n’est pas une recette acquise. Une inscription budgétaire ne crée ni trésorerie disponible ni certitude de recouvrement.
J’ai donc demandé que l’inscription de ces 2,61 millions d’euros soit différée jusqu’à l’obtention d’une décision juridictionnelle exécutoire. Cette proposition de prudence et de sincérité budgétaires n’a pas été retenue.
Sous couvert de répondre dans l’urgence aux besoins de financement de Martinique Transport, nous assistons à une fuite en avant : des dépenses certaines sont financées par une recette contentieuse et incertaine. De tels votes ne redressent pas l’établissement ; ils aggravent et fragilisent davantage sa situation financière.
Les usagers attendent des bus, une continuité du service public et une gestion crédible. Contrairement à certains, je refuse d’être associé à des méthodes consistant à équilibrer artificiellement un budget avec des recettes qui ne sont ni sécurisées ni encaissées.
Louis BOUTRIN
Conseiller territorial
Administrateur de MARTINIQUE-TRANSPOR