PANCHO : HOMMAGE A HERVE AZALOUX

Le cancérologue emporté par un cancer à 66 ans

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NÉCROLOGIE. Le professeur Hervé Azaloux est décédé hier matin à Bordeaux à l'âge de 66 ans. Né à Marmande (dans le Lot et Garonne), Hervé Azaloux a obtenu son diplôme de médecine à l'université de Bordeaux en 1969. L'année suivante, il est assistant en cancérologie. Choisi pour une mission en Martinique, en 1973, Hervé Azaloux arrive de l'Université de Bordeaux et ne repart pas. Pourtant, de son aveu même lorsque nous l'avions rencontré pour notre rubrique « Grand témoin » en avril 2009, avant de venir ici, il « ne connaissait rien de la Martinique, excepté quelques lectures et la rencontre de copains à la Fac » .

 

La radiothérapie était alors à l'état embryonnaire chez nous. Aujourd'hui, notre CHU fait référence en la matière. Sans surprise, les superlatifs ne manquent pas pour qualifier son travail en cancérologie et en médecine nucléaire. Pour Moustapha Dièye, épidémiologiste à l'Amrec (l'Association martiniquaise pour la recherche épidémiologique sur le cancer), la chose est entendue : « C'est quelqu'un d'extraordinaire, qui s'investit bénévolement depuis plus de vingt dans une cause comme celle-là.

 

Et, humainement, c'est quelqu'un qui a un grand coeur. Cela fait huit ans que je travaille avec lui et je peux dire que, pour moi, c'est un mentor! » . Le médecin nous livrait son sentiment, en 2009 à quelques semaines du départ en retraite du professeur Azaloux.

 

Un pilier du Good Luck

 

Hervé Azaloux était un mentor à l'oeil malicieux qui avait grandi dans le Sud-Ouest de la France, avec un papa médecin, une maman au foyer et une soeur de cinq ans sa cadette (qui, elle aussi, a choisi la médecine, elle est gynécoloque ndlr). Le changement de latitude ne provoqua aucun traumatisme chez lui. « Je n'ai eu aucun mal à m'intégrer.

 

J'étais sportif : un an après mon arrivée j'ai rechaussé les crampons et me suis mis au rugby martiniquais » . Le Good Luck sera son club. Il y occupera les postes de capitaine, d'entraîneur, de président et même de sage! Parmi ses coéquipiers, on compte Jean Kelsch. « C'est un bon vivant, toujours prêt à raconter une dernière blague, mais aussi quelqu'un d'une grande rigueur et d'un esprit de solidarité inouï » nous racontait-il à l'époque.

 

Un caractère affirmé donc, qui s'emportait face à la bêtise humaine, surtout quand elle met en jeu la santé publique. « La médecine » , soulignait Hervé Azaloux, « c'est 70% de bon sens! » Mais le bon sens ne suffit pas toujours, quand l'ironie suprême revient à être défié sur sa propre aire de jeu...

 

À quelques mois de son départ à la retraite, un parfum d'inachevé se faisait sentir. « Je serais resté plus » , murmurait-il à l'époque, « si j'avais été en bonne santé » .

 

SOURCE : FA Martinique